Dossier : L’histoire de Final Cut Pro

L’Histoire de Final Cut Pro

Introduction

Une nouvelle page de l’histoire de Final Cut Pro va bientôt se tourner, avec la sortie de Final Cut Pro X dans quelques jours. En une douzaine d’années, le logiciel d’Apple est passé du statut de challenger au statut de leader incontesté des solutions de montage non linéaire. Pour comprendre ce succès, nous allons chevaucher notre Delorean et remonter au point de départ, c’est à dire l’année 1995 afin de parcourir toutes les évolutions majeures de FCP et les choix adoptés par Apple afin de décrypter les raisons de ce succès et ainsi mieux comprendre le tournant qu’Apple entreprend aujourd’hui avec Final Cut Pro X

1995-1998 De Key Grip a Final Cut !

Tout commença en 1995, et ce n’est pas chez Apple qu’il faut se rendre mais chez Macromedia ! Macromedia ayant recruté Randy Ubillos qui fut à l’origine des 3 premières versions d’Adobe Premiere. Sa mission était de créer un nouveau logiciel professionnel de montage video basé sur la technologie QuickTime d’Apple. Le logiciel devait tourner aussi bien sur Mac OS que sur plateforme Windows. L’équipe avait donc carte blanche pour innover et redéfinir les fondamentaux du montage virtuel initiés quelques années auparavant par Avid. Le nom de code qui fut attribué au projet était Key Grip.

Macromedia voulait faire de Key Grip la nouvelle référence des logiciels dédiés à la post-production dépassant les frontières du simple logiciel de montage. Ainsi, la gestion des scripts, des storyboards étaient aussi sur la liste des fonctionnalités de Key Grip. Les products designers et les développeurs voulaient que Key Grip soit au coeur du flux de production et de la post production. Mais très vite, les années passèrent et la direction commença à mettre la pression sur l’équipe de développement afin de sortir le logiciel. Macromedia à cette même période se trouva confronté à de nombreux problèmes en interne.

Premièrement, un problème de politique interne, Macromedia ayant un partenariat avec la société Truevision (carte vidéo). Les termes de ce partenariat précisaient que Macromedia ne pouvait utiliser la technologie QuickTime d’Apple en conjonction des cartes Truevision dont une partie de la technologie était licenciée à Microsoft et ce dernier voyait d’un très mauvais oeil la mise en avant de la technologie QuickTime de son concurrent face à sa propre technologie basé sur les fichiers AVI. Ce problème diplomatique eut pour conséquences que Macromedia mis le projet en stand-by pendant quelques temps avant de trouver un arrangement.

Deuxièmement, Macromedia commençait à ressentir des difficultés financières et fit le choix de se concentrer sur les technologies autour du web. Ils décidèrent alors de chercher des acheteurs potentiels pour toutes leurs applications non orientées internet.

C’est pour cela que lors du salon professionnel du NAB en 1998, des présentations privées furent organisées afin de présenter à des éditeurs Key Grip et qui pour l’occasion changea de nom pour devenir : Final Cut. La version Mac de Final Cut était beaucoup plus limité au niveau des effets que la version Windows, conséquence directe du partenariat entre Macromedia et Truevision.

1998-1999 de Final Cut à Final Cut Pro

Apple avait bien compris le potentiel d’un tel logiciel sur sa plateforme. Ne voyant aucuns développeurs intéressés pour poursuivre le développement, Apple prit les devants et acheta Final Cut. Mais, contrairement à ce que l’on pourrait penser, Apple ne voulait pas le développer en interne. Le but était de le revendre et de s’assurer que les futurs développeurs gardent Mac OS comme plateforme de développement et lui donne toute la puissance et les effets disponibles .

Et puis, Apple changea sa stratégie pour que Final Cut devienne l’émissaire, le fer de lance des nouvelles technologies adoptées par Apple. L’adoption du Firewire sur toute la gamme des Macs en conjonction du support natif du codec des caméras DV par QuickTime, donna à Final Cut toute sa légitimité au sein des productions Apple.

L’acquisition par Apple fut un grand soulagement pour l’équipe, car d’autres logiciels chez Macromedia furent tout simplement mis à la poubelle. Michael Wohl, product designer de Final Cut, cite souvent l’histoire d’un logiciel dédié à l’audio chez Macromedia qui était révolutionnaire mais ce dernier ne trouvant aucun repreneur, il fut tout simplement abandonné.

Une fois chez Apple, la pression fut beaucoup plus grande pour les développeurs avec une interdiction de repousser la date de sortie, chose courante pendant la période Macromedia. Ce fut à cette époque, que le manager produit menaça d’envoyer son équipe élever des Yaks s’ils n’arrivaient pas à respecter les délais ! C’est ainsi que “Bruce le Yak” fit son apparition dans les premières versions de Final Cut Pro, ce fut le moyen pour l’équipe de se moquer d’eux même et de montrer qu’ils étaient capables de finir le logiciel. Ce respect d’une date de sortie eu pour conséquence l’abandon de certaines fonctionnalités comme la gestion des scripts et le storyboard.

Si le but des développeurs était de créer un logiciel de montage pour les professionnels, Steve Jobs voulait que Final Cut soit un formidable produit d’appel pour tous les créatifs vidéastes, en voulant inclure gratuitement Final Cut dans tous les macs. Les développeurs n’étaient pas du même avis et craignaient que le fait d’offrir le logiciel ne le dévalorise d’entrée. Ainsi, après de longues discussions le prix fut fixé a $1000, avec un tel prix, la volonté était de rendre accessible des outils de montage professionnels à un prix accessible par tous.

C’est exactement un an après cette acquisition en avril 1999, lors du salon professionnel NAB de Las Vegas, qu’Apple présenta son nouveau logiciel de montage video : Final Cut Pro était né !

1999-2002 : Les révolutions DV et Firewire

À la sortie de Final Cut Pro, il existait de nombreuses solutions déjà bien établies du coté professionnel avec Avid, Media100, Edit, et du coté du grand public il y avait Adobe Premiere principalement. Le positionnement de Final Cut Pro était clair entre les solutions professionnelles et Premiere, voulant offrir des fonctionnalités professionnelles à un coût très inférieur. La première version de Final Cut Pro laisse un souvenir d’une version inachevée, tant le nombre de bugs était important. On retiendra donc la version 1.2.5 en novembre 2000 comme la première version exploitable professionnellement.

Pour expliquer le succès de Final Cut Pro, il faut se replacer fin des années 90 début 2000 où l’industrie de la vidéo évolue extrêmement rapidement grâce à des sociétés comme Pinnacle ou bien Matrox qui mettent sur le marché des cartes d’acquisitions vidéo analogiques accessibles aux indépendants. C’est l’époque des cartes Targa 3000, des Cinewaves, des RT Mac que Final Cut Pro supportera très rapidement avec la version 1.2.5 et surtout avec Final Cut Pro 2.

En parallèle, l’adoption en masse des caméras DV par les indépendants et le grand public fut pour Apple une confirmation qu’ils avaient fait le bon choix en supportant le firewire sur l’ensemble de sa gamme de Macs. Le fait de pouvoir directement importer ses vidéos dans Final Cut Pro en branchant simplement un câble firewire et sans le moindre ajout de carte supplémentaire fit la réputation du logiciel sur sa simplicité d’utilisation.

Mais au delà du coté matériel, c’est surtout la philosophie du logiciel et sa simplicité d’utilisation et son ouverture qui fit le succès de Final Cut Pro ! La conjonction du “glisser/déposer” avec une personnalisation poussée de l’interface et le nombre d’effets disponibles fut aussi une grosse différence avec les solutions concurrentes qui proposaient une interface beaucoup plus rigide et moins intuitive.

Sur les premières années, Apple fut très agressif vis à vis d’Adobe Première, proposant à tout possesseur d’une licence de Première d’avoir une réduction de $500 pour l’achat de Final Cut Pro. Les ventes de Première sur Mac chutèrent jusqu’au point qu’Adobe arrêta de le développer sur plateforme Macintosh pendant plusieurs années.

2003-2004 Des monteurs indépendants à Hollywood !

Si l’adoption par les vidéastes indépendants et des broadcasters se fait très rapidement, les monteurs films quant à eux ne franchissent pas le pas. La principale raison est un problème technique, Final Cut Pro ne pouvant exporter le montage en 24 images par seconde pour le flux de production film. Apple déconseillait même fortement l’utilisation de Final cut Pro pour le support film.

Malgré cela, l’une des stars d’Hollywood fait le pari d’utiliser Final Cut Pro pour une super production. Il s’agit de Walter Murch (Apocalypse Now, Ghost, le Parrain 3…) et le film est “Retour à Cold Mountain”. Connaissant les limitations du logiciel, il convint tout de même la production et réalisa le montage sous Final Cut Pro 3, il trouva par ses propres moyens une solution pour repasser à 24 images/seconde. Fonctionnalité qu’Apple intégrera aussitôt dans la version 4 en octobre 2003 avec l’ajout des Cinema Tools et d’un outil de gestion des médias !

Le fait que Walter Murch monte de A à Z un blockbuster Hollywoodien sur Final Cut Pro et non pas sur Avid, fut ressenti comme un véritable tremblement de terre dans le milieu de la post production, et permit à d’autres monteurs et réalisateurs de franchir le pas et de passer à Final Cut Pro sur des productions films. Le livre “Behind the SEEN” relate toute l’aventure de Walter Murch et du montage de “Retour à Cold Mountain”sous Final Cut Pro, il devient rapidement un best-sellers et la bible de tous les monteurs.

Walter Murch resta très proche des équipes d’Apple pour apporter son expertise. Il fera parti des réalisateurs mis en avant par Apple lors des sorties majeures tout comme David Fincher ou les Frères Cohen.

A noter que l’adoption de Final Cut Pro par les monteurs film en France n’a pas eu lieu. Ce fut en grande partie pour une raison technique, les Cinéma Tools n’ayant pas ou mal été adaptés pour le 25 images par seconde. Seul quelques monteurs ont trouvé les astuces et les moyens d’adapter les outils au monde du 25i/s.

Un logiciel toujours à la pointe technologique

En 2003, lors de la sortie de Final Cut Pro 4, la réputation du logiciel n’est plus à faire, il est aussi bien utilisé chez les indépendants que dans les chaines de télévision et commence à percer dans l’industrie du film.

Apple fait tout pour que Final Cut Pro soit à la pointe de la technologie à tous les niveaux. Notamment avec le support des nouveaux processeurs G4 (et son velocity Engine) et du dernier processeur G5, ce qui lui permet d’avoir des effets toujours plus rapides et parfois même en temps réel.

L’un des points forts de Final Cut Pro par rapport à la concurrence, fut d’être optimisé dés le départ pour les ordinateurs portables comme les Powerbook G4. Ce qui a permis à un grand nombre de réalisateurs et de monteurs de pouvoir monter leur film sur le lieu de tournage et posséder ainsi une grande réactivité.

L’autre point, peut être le plus important, c’est le travail d’Apple auprès des constructeurs de caméras (Sony, Panasonic, JVC,…), pour que Final Cut Pro dispose toujours des derniers codecs de chaque caméra dès leur sortie. Grâce à cette politique, Apple conquit de nombreuses parts de marché dans les chaines de télévision. Final Cut Pro pouvant travailler avec tous les codecs des caméras (DVCPRO 50, HDV, P2…) sans avoir à les réencoder dans un format propriétaire. Ce qui pour les chaînes de télévision fut un gain de temps énorme et donc un choix naturel pour l’adoption en masse.

2004-2009 De Final Cut Pro à Final Cut Studio

Avec Final Cut Pro 4, Apple livre de nouveaux petits logiciels dédiés pour compléter son offre. Ainsi, les Cinema Tools font leur apparition permettant le passage du 30 images/seconde du monde de la vidéo aux 24i/s pour le film et apporte la gestion de la pellicule avec le keycode. Mais d’autres logiciels ont accompagné Final Cut Pro 4, Soundtrack pour le mixage et la correction des pistes audios, Livetype pour le titrage et Compressor permettant d’encoder les séquences dans différents formats.

Entre 2002 et 2006, Apple investit beaucoup dans l’acquisition de sociétés du monde de la post production, il y a eu d’abord en 2002, les sociétés Silicon Grail et Nothing Real avec leur logiciel de compositing respectifs Rayz et Shake (le seigneur des anneaux, King Kong, Harry Potter…) L’année suivante, c’est l’équipe ayant développé Combustion chez Autodesk qui rejoignit Apple pour créer le logiciel Motion.

Un peu plus tard, Apple continuera cette politique d’acquisition avec deux autres sociétés, Proximity pour son logiciel de gestion des médias Artbox (futur Final Cut Server) et la société Silicon Color pour son logiciel d’étalonnage Final Touch (futur Color).

Mais revenons en 2004, car c’est lors de la sortie de Final Cut Pro 4.5 (Final Cut Pro HD), qu’ Apple propose pour la première fois, un bundle ayant pour nom “Production Suite” regroupant un ensemble de 8 logiciels dont le nouveau Motion.

C’est l’année suivante, en avril 2005, qu’Apple développe le concept avec le “Final Cut Studio”, il ne sera plus possible d’acheter les logiciels séparément, mais Final Cut Studio garde la même tarification que Final Cut Pro autour des $1000. En plus des logiciels regroupés dans la même boite, Apple offre des giga-octets de bandes sonores et de contenus graphiques libres de droits.

Les vidéos de démonstration tournant en boucle sur les salons mettent en évidence les grosses productions Hollywoodiennes. Apple veut marquer les esprits et montre qu’elle dispose d’une suite complète d’outils professionnels permettant d’aller jusqu’au bout des projets les plus complexes. C’est aussi le moyen de mettre en avant son système d’exploitation Mac OS X qui arrive à maturité ainsi que ses Macs toujours plus puissants.

2004-2006: L’ouverture pour s’imposer

Avec tout ces nouveaux talents, Apple a acquis en très peu de temps des connaissances et des technologies qui vont pouvoir être mis très rapidement au services de Final Cut Studio. Que ce soit pour les fermes de calculs utilisants des dizaines de processeurs avec l’équipe de Shake, ou bien l’accélération graphique GPU avec l’équipe de Motion.

Et c’est précisément en travaillant sur l’échange entre les différents logiciels, qu’Apple comprend que pour imposer Final Cut Pro, il faut que celui ci soit le plus ouvert possible. Ainsi, Apple fait le choix de supporter le format d’échange XML. L’intérêt des fichiers XML est que ce sont de simples fichiers textes et n’importe quel développeur peut écrire des passerelles de communication entre Final Cut Pro et un autre logiciel. L’adoption du standard XML permit une rapide intégration de Final Cut Pro dans toutes les grosses structures comme les chaînes de télévision par exemple.

Derrière cette ouverture, il y a une politique globale pour que Mac OS X devienne la principale plateforme pour la post-production. Seulement, l’ouverture software ne suffit pas à elle seule, il fallait que le Mac devienne une plateforme universelle. Le passage aux processeurs intel permit au Mac de pénétrer au coeur de toutes les structures de post production, le mac devenant une station universelle capable de faire tourner des applications Mac OS X, Windows et linux ! La mise à jour “Universal Binary” de Final Cut Studio en 2006 a permis de bénéficier de la nouvelle génération des processeurs Intel multi-coeurs offrant un boost de puissance et de fonctionnalités temps réel.

2007: Apple ProRes: “One Codec to rule them all”

Lors du NAB 2007, Apple voit les choses en grand, très grand même pour pour le lancement de Final Cut Studio 2, avec le plus grand Stand et le plus grand théâtre du salon.

L’intégration du logiciel Color pour le même prix, fit beaucoup de bruit en démocratisant l’étalonnage numérique au plus grand nombre ! Apple officialisant leur 1,5 millions de licences officielles parle même de “Final Cut World”

Mais au final, l’annonce la plus importante de cette année fut la création et le support d’un tout nouveau codec de compression par Apple : le ProRes.

Depuis le départ, la philosophie de Final Cut Pro était d’être compatible et natif avec l’ensemble des caméras disponibles. On pouvait le résumer de cette façon : “je monte ce que je tourne” sans passer par des formats propriétaires comme le faisait Avid par exemple.

Une problématique est apparue au milieu des années 2000, chaque constructeur de caméras voulant créer son propre format, ses résolutions et parfois même ses cadences d’images. Au delà du nombre de formats, les constructeurs développèrent des codecs d’enregistrements optimisés pour la taille des fichiers. Ces codecs sont optimisés pour la lecture mais en aucun cas pour être travaillés en post production. Ainsi, éditer des fichiers HDV demande beaucoup de puissance processeurs. Ce qui eu pour conséquence de ralentir le logiciel, les actions et les rendus. Au delà du HDV, de nouveaux algorithmes de compression H264 ou RED sont apparus et sont tout aussi complexes à décoder.

Apple prit la décision de développer un codec moderne de compression très léger pour la post production et sans perte de qualité : Le ProRes. Afin que ce dernier devienne un codec universel, ils travaillèrent avec des partenaires comme la société AJA (constructeur de carte d’acquisition) qui annonça en même temps des boitiers d’acquisition ioHD et KiPro enregistrant directement en ProRes.

L’autre point fort de L’Apple ProRes est sont traitement en post-production, donnant beaucoup de latitude aux étalonneurs pour jouer sur les couleurs. A la fin du salon, de nombreux éditeurs et constructeurs annoncèrent qu’ils allaient supporter le ProRes. Deux ans plus tard, le ProRes est devenu un codec universel supporté par une grande partie de l’industrie, même chez les concurrents directs de Final Cut Pro.

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En ouvrant Final Cut Pro à tous les autres logiciels via l’échange de fichiers XML et en développant un codec universel comme le ProRes, Apple a réussi à verrouiller la position de Final Cut Pro au coeur du flux de post-production, le rendant si ce n’est indispensable, incontournable !

2009 Final Cut Studio : Les limites du concept !

En une dizaine d’années, Apple a su porter Final Cut Pro du statut de jeune challenger au statut de leader mondial incontesté. Cette réussite est due à une politique tarifaire extrêmement agressive que seul Apple peut se permettre. Elle est aussi due à l’innovation avec l’acquisition et le développement de technologies permettant aujourd’hui avec Final Cut Studio de couvrir pratiquement tout le spectre de la post production. Le tout avec une grande facilité d’échange des données entre tous les logiciels de la suite.

Si l’ajout de logiciels et de fonctionnalités a permis d’augmenter les possibilités de la suite, il a aussi engendré un certain nombre de points négatifs :

  • Disparité des interfaces utilisateur entre les différents logiciels et des raccourcis claviers non homogènes entre les applications.
  • Chaque logiciel dispose de son propre moteur de rendu, ce qui engendre une disparité dans les rendus d’un même plan entre les logiciels.
  • Certains logiciels ou effets de Final Cut Studio se concurrencent : par exemple pour ajouter un titre on peut utiliser Boris, Livetype, Motion, l’outil texte de FCP chacun ayant un fonctionnement différent. Tout ces doublons font que Final Cut Studio s’alourdit et se complexifie inutilement pour l’utilisateur. Il est impossible pour un monteur de maitriser l’ensemble des logiciels.
  • Le plus grand problème, vient du code source de programmation de final Cut Pro (fin des années 90) qui n’est plus en correspondance avec le matériel et le système d’exploitation d’aujourd’hui. Final Cut Pro ne peut tirer avantage de toutes les dernières évolutions : 64 bits, multiprocesseurs, accélération graphique, calcul en arrière plan…

En 2007, Final Cut Studio 2 consacre la suite d’Apple comme un indispensable dans toutes les sociétés de post-production. Pour autant, si la suite d’applications professionnelles d’Apple est à son pic de célébrité et des ventes, les développeurs savent que pour répondre aux besoins des prochaines productions, il faudra absolument revoir Final Cut Pro en profondeur.

Final Cut Pro X : La relève pour la prochaine décennie ?

Durant les mois qui suivirent Final Cut Studio 2, les responsables du développement sont allés, en toute discrétion, à la rencontre de clients clés à travers le monde, afin de voir et de comprendre toutes les problématiques liées aux nouveaux flux de production.

Le choix de repartir de zéro fut pratiquement décidé dés le départ, afin de se libérer des entraves de l’ancien code source, mais c’est surtout la volonté de développer un nouveau logiciel qui définira les bases de ce que sera le montage des 10 prochaines années.

En 2009, Apple absent de tous les salons, lance un nouveau Final Cut Studio, cette version laisse une impression mitigée car très peu de nouveautés y sont intégrées, seul Motion 4 évolue réellement. Malgré ce manque de nouvelle fonctionnalités FInal Cut Studio “3” était l’une des meilleures offres disponible, encore aujourd’hui sur le marché. Mais, Il ne faisait aucun doute que les développeurs avaient déjà mis en chantier le futur Final Cut Pro.

Deux an plus tard, l’attente arrive à son terme au NAB 2011, Apple dévoile un petit aperçu de Final Cut Pro X avec une toute nouvelle architecture 64 bits et une interface utilisateur entièrement repensée ! Si sur de nombreux points beaucoup de questions ont trouvé réponses, la présentation souleva de nombreuses interrogations ! Le choix de passer directement à la version 10 (il n’y aura donc pas de FCP8 et FCP9), montre une volonté de rupture totale avec l’ancien FCP. Annoncé pour Juin 2011, il ne reste plus que quelques jours afin que tout le monde puisse le découvrir !

Conclusion:

On peut faire de nombreuses analogies entre 1999 et 2011, ce sont des périodes charnières avec des évolutions technologiques importantes :

  • La révolution des caméras DV a laissé place à la révolution des caméras DSLR, Red…
  • La distribution physique des films par DVD a été remplacée par une distribution en ligne avec les services Youtube, Vimeo & Co…
  • Et du coté des machines, le bus Firewire laisse place au bus Thunderbolt, les cartes vidéos additionnelles pour la lecture temps réelle sont remplacées par le couple CPU/GPU de nos ordinateurs.

Il est clair, qu’Apple veut réitérer ce qui a fait le succès du premier FCP : “Tirer parti nativement de toutes ces nouvelles technologies pour Final Cut Pro X

Mais, on peut légitimement penser qu’Apple a des espérances beaucoup plus grandes pour Final Cut Pro X. Avec l’adoption d’une interface unifiée entre FCPX et le logiciel très grand public iMovie. Pour les millions d’utilisateurs d’iMovie sur Mac ou iPhone/iPad, le passage vers une solution plus complète comme FCPX se fera tout naturellement. Est ce qu’Apple va réussir à faire tomber la barrière entre les logiciels professionnels et les logiciels plus grand public afin que Final Cut Pro X devienne LE logiciel universel de montage ? Nous le saurons dans quelques jours, si ce n’est dans quelques heures !

Erwan Le Cloirec

PS: Un très grand Merci à fred, Pierre-Loïc et Olivier pour leur aide lors de la rédaction de ce dossier.

24 Commentaires

  • fredtr3 dit :

    tres bel article merci Erwan

  • thomasvenise dit :

    Bonjour Erwan,

    Un seul regret dans cette longue histoire: des machines hyper puissantes, vendues un prix conséquent, et conçues en réalité depuis 2008 pour faire tourner LION, FCP X et ce qui suivra. Pas conçues au départ pour ne se servir que de Safari.

    Sinon, les nouvelles versions en 64 bits, avec un soupçon de risque sur l’interface utilisateur: que du bonheur en prévision avec les MP Intel!

    Ne râlons pas trop sur les bugs de la nouvelle mouture. Nous en aurons forcement. Impossible même pour les meilleurs développeurs d’y couper
    Je souhaite seulement que Apple corrige ces bugs plus rapidement que sous les anciennes versions, et partage son temps de développement entre les iBidules, et ceux qui utilisent ces softs pour faire vivre leur famille.

    Un petit peu d’éthique dans le monde du profit ne ferait pas de mal…

    Et pour moi une question: un nouveau Motion ? Ou bien Apple laisse le champ libre à After Effects ?

    Cordialement.

    Michel.

  • PilloW dit :

    Mazette, bravo Erwan, bon boulot. J’ai découvert, avec plaisir, de nombreux secrets de l’histoire de FCP.

  • Domi dit :

    Bonjour Erwan,

    Bravo pour cet historique sur FCP.
    Merci à toi ainsi qu’à tes collaborateurs.

    Dominique.

  • Toujours content dit :

    Super article !

    Maintenant le même sur l’histoire de la mimolette.

  • vsd dit :

    Merci Erwan pour ce super article. 😉

  • Mike dit :

    J’ai l’impression d’avoir écouté un discours touchant sur la vie de quelqu’un de proche lors d’une veillé funéraire. J’ai envie de pleurer 😉

    Excellent article Erwan.

  • dialain dit :

    Whouaa !… Merci Erwan !
    Superbe ce coup d’oeil dans le rétroviseur. 😉

  • dialain dit :

    Merci également à Pillow et Olivier.

  • EricV dit :

    Félicitations Erwan et à toute ton équipe.
    J’espère que l’histoire sera aussi longue pour FinalCut X.

  • gwena dit :

    merci les gars pour cette petite session « revival » ;-))

  • feelprod dit :

    merci

  • Bouchy dit :

    Wouaauuuuhhhhhh super Merci !!!!

  • scarmani dit :

    Très bien en effet 😉

    Il serait bon de remémorer également l’histoire de Shake et la vraie raison de son abandon par Apple qui est liée à des divergences de vues avec son développeur (et par là-même de brevets…)

    Je propose ça dans un souci de transparence parce-que je vois énormément de post (écris par des ignorants ou des jaloux pour la plupart….) dans les forums ou on accuse constamment la pomme d’abandonner les pros.

    C’est grâce à ce genre d’articles de qualité que l’on se forge des opinions objectives sans verser dans le commérage 😉

    Vous en avez un sur shake dans le pipeline ?

    Merci les gars 😉

  • Samysa94 dit :

    Bel article. Merci pour le temps passé et bravo!
    Ayant débarqué dans le montage vidéo avec Final cut 4.5, j’ai appris plein de choses.

  • Moi dit :

    Vivement qu’il arrive dans nos machines et en avant le montage.
    Merci les gars pour le boulot

  • Benoit dit :

    Hello l’ami Erwan,

    Superbe article revival. Hyper bien documenté et comme d’hab super bien écrit !
    BRAVO.

    Pour Final Cut Pro X, je pense qu’Apple essaye de refaire le coup d’Aperture 3 : plus de simplicité et se tourne vers le grand public en les aidant à passer de iMovie vers FCP X (sans oublier les pros).

  • gwena dit :

    http://www.apple.com/fr/finalcutpro/

    on a même droit à la conversion $ vs € 😉

  • Arno dit :

    Merci à toute l’équipe pour cet article clair. L’idée de la saga des logiciels et de ceux qui les ont réalisé me plait bien.
    Encore Bravo pour tout votre travail.

  • E.R. dit :

    Un très beau dossier, bravo à tous pour cette rédaction. Je cherchais un peu de réconfort après la sortie de la version X. J’avais suivi toute l’aventure FCP depuis le début et son évolution était superbe. Maintenant je suis un peu triste de cette nouvelle tournure. Mais bon c’est comme ça…

    Une bonne continuation à tous.

  • Starsk dit :

    Super article, merci !

  • omadar dit :

    Cela me fait bizarre d’avoir vraiment aimé cet article tout en venant de commander 3 suites Adobe…
    J’ai définitivement le sentiment que FCP est mort… De toutes façons, je n’avais pas le choix : que faire si un client veut une modif sur un projet d’il y a 6 mois ou plus ?
    Apple aurait du au moins du adoucir la transition. Halte à la connerie à la fin !

  • vitaldoc dit :

    Bonjour

    je suis toujours sur FCP 6, je crois que c’est même pas la peine de poser la question de l’éventuelle possibilité de passer à FCP 7 maintenant ?

    j’ai regardé sur apple store pas moyens es ce que quelqu’un a une idée

    merci

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